23.11.09

Les Editocrates

18.11.09

Fima Ephron "Soul Machine"



01. Yemenite
02. Hasidic Folk Song

03. Pyramid

04. Oyfin

05. Yashkar

06. Moses

07. A Desert Storm

08. Scroll

09. Deadly Play Of Numbers

10. Noir


Fima Ephron :
bass
Edward Simon :
keys
Jim Black :
drums
Dave Binney :
saxophone, clarinet (6)
Adam Rogers :
guitar
David Torn :
oud, samples, voice (6)
Buba Gisa Majerowitz :
voice on (10)
Mike Ephron :
voice (4)
Greg Wall :
clarinet (6)

[...]
The musicians intertwine odd-metered backbeats with a distinct sense of thematic expansion, while Rogers and Binney generate much excitement via their blistering crescendos and intricately developed harmonic variations. With "A Desert Storm," the band ventures into a slightly tongue-in-cheek psychedelic space vibe, thanks to David Torn's trippy EFX-based treatments and an ostinato synth groove atop the rhythm sections' surging undercurrents. Thus, Soul Machine is all about the gleeful coexistence of Jewish folk music and zesty modern jazz type interplay, while the ensemble augments its palate with craftily arranged jazz-fusion motifs. Ephron's wittily concocted compositions also feature characteristics that parallel the vim and vigor of an artist who has quite a bit to say. Recommended!
[...]
AAJ

16.11.09

Eric HAZAN "Un an après TARNAC, le temps de la révolte"

L’Etat français, il y a maintenant un an, lançait ses cagoulés sur un petit village de Corrèze, déclenchant ce qui allait devenir «l’affaire Tarnac». Comme beaucoup d’affaires du passé, elle a évolué en deux temps : d’abord le mensonge officiel, puis l’éclat de la vérité sur la nature du pouvoir. Dans les premiers jours, le bruit du mensonge était propagé sans vergogne. A ce moment, pour retourner contre l’appareil d’Etat les armes qu’il pointait sur nous, nous avons fait appel dans nos interventions publiques au vieux fonds humaniste-démocratique de la gauche. Dans l’inquiétude où nous étions sur le sort de nos amis emprisonnés, nous avons eu spontanément recours à cet arsenal usé mais rassurant, le mieux fait pour réunir des voix, des sympathies, des signatures.

Seulement voilà, une année s’est écoulée, et c’est peu de dire qu’elle a permis à la lumière de jaillir, sur la fabrication policière de l’affaire et surtout sur le pouvoir qui l’a montée. On a vu se multiplier les rafles de sans-papiers - oui, des rafles - dans les quartiers populaires des grandes villes, détruire au bulldozer les abris que les migrants afghans et irakiens s’étaient construits du côté de Calais, expulser par avion trois Afghans vers leur pays en guerre avec l’assurance du sinistre Besson que leur sécurité y serait garantie. On a vu des gendarmes avec chiens fouiller les cartables des écolières à Marciac, arrêter un car scolaire et traiter les enfants comme des suspects près de Pau.

On a assisté à la condamnation à des années de prison ferme de jeunes habitants de Villiers-le-Bel coupables d’avoir jeté des pierres contre la police - et à la relaxe des policiers en cause dans l’accident qui avait causé la mort de Moushin et Larami, et jeté le trouble dans la ville. On a vu l’Assemblée nationale voter sans hésitation la loi scélérate sur la répression des bandes organisées et Brice Hortefeux, entre deux blagues racistes, prendre argument des désordres de Poitiers pour ressusciter par simple décret le fichier Edvige en l’élargissant jusqu’aux enfants de 13 ans. Ce décret d’Hortefeux est daté du jour de la Sainte-Edvige - un humour qui lui avait déjà fait organiser un sommet européen sur l’immigration à Vichy, et qui finira par le perdre.

Bref, pendant cette année, on a vu à l’œuvre le cynisme, la brutalité, l’indifférence affichée à la souffrance, le tout sur fond de suicides à France Télécom et de gestion crapuleuse de «la crise». On peut s’étonner que de tout ce malheur rien ne s’ensuive, que la sentence prononcée par ce régime contre lui-même ne soit pas exécutée - comme s’il n’y avait plus de peuple pour le faire. Mais ce n’est pas le peuple qui manque, c’est la décision - avec la conscience que le rapport de forces ne nous est défavorable qu’en apparence. L’oligarchie cherche à nous maintenir dans ce désespoir qui forme sourdement le liant de la situation.

Mais il peut soudain se défaire : on le perçoit dans certaines grèves, certaines manifestations déterminées, dans tous ces moments collectifs qui échappent à l’étouffoir des bureaucrates syndicaux et des partis qui se prétendent politiques.

Pour que se répande la joie de conquérir une nouvelle existence, il nous faut sortir du domaine des Idées, élaborer en commun les formes de vie à venir : que dans les corps en crise - écoles, hôpitaux, énergie, transports, agriculture, université -, ceux qui triment songent à comment ils s’organiseront sans ceux qui sont là pour les gérer ; que ceux qui ne se résignent pas à l’apartheid rampant se réunissent pour savoir comment rendre immédiatement aux villes leur rôle et leur beauté ; que tous, nous préparions la mise à la retraite d’office des financiers, des économistes et des géopoliticiens.

Le temps n’est plus à l’indignation humaniste ni à l’analyse sociologique. Il ne s’agit plus de faire la critique de l’oligarchie au pouvoir mais tout simplement de la congédier. Car le maintien d’un régime responsable de tant de cruauté et qui n’en garantit que la permanence est une éventualité infiniment plus redoutable que l’insurrection qui vient.

Eric HAZAN

Trevor DUNN "Four Films"


Perfect Crime
Lies

Paris Whore

End

Second Nightmare

The Boardwalk

Lizards & Robots

Opening

Shit-Talker

Lying In Bed, Talking About Nothing

Fire Disco

Fog Burn Neuroses

Third Nightmare

Isabelle

Contemplator

Late Night Science

Drive

Glendale Blvd

End Credits

Accident

Squamata Robota

First Nightmare

Haunted By Video Games

Fog Burn

Happy L.A. Ending

Taking Mom Out.


Rob Burger : Rhodes piano
Trevor Dunn : all instruments

Marika Hughes : cello
Tim Keiper : percussion, drums
Chris Speed : clarinet
Kenny Wollesen : drums
Shelley Burgon : harp, voice
Olivier Conan : voice.

Nguyên Lê "SAIYUKI"


1. Sweet Ganesh
2. Autumn Wind

3. Mina Zuki

4. Mayur

5. Sangam

6. Azur

7. Izanagi Izanami

8. Hen Ho

9. Nanae Goromo

10. Ila


Nguyên Lê
– guitars
Mieko Miyazaki
– koto, vocals
Prabhu Edouard
– tablas, percussion, vocals
Hariprasad Chaurasia
- bansuri flute (on track 2, 3 & 5)

15.11.09

FURSAXA "Lepidoptera"


[...]
Lepidoptera, Fursaxa's fifth full-length release, has the same sound heard on previous releases: a lo-fi concatenation of deliberately strummed acoustic guitars, tambourines, organs, a healthy dose of room tone (perhaps to evoke the leaden quiet of an empty cathedral) and Burke's multi-tracked vocals, mixed to be indistinct and indecipherable. Her droning dirges have ancestors in the frosty harmonium-saturated madrigals of doom Nico sang on The Marble Index. Like those chansons of the damned, all Burke's compositions (it seems inappropriate to call them songs -- you won't be whistling these tracks while you wash your car or humming them in the shower) move at a solemn, contemplative pace and feature little in the way of dynamics, chord changes, hooks or melody. Not that this is bad -- it's just not the point of this music. Some are vaguely pastoral ("Pyrcantha", on which Burke layers her moans over the same two guitar chords strummed repeatedly) and some are downright oppressive, as is the case with the glacial, foreboding "Freedom". Some are wordless ("Tyranny", which features free-form fife-piping and some primitive pounding on what sounds like a tabla); others sound like field recordings of Wiccans casting spells ("Purple Fantasy", "Una de Gato"). All seem to aspire to function as aural mandalas -- dense, interweaving patterns of sound to beguile the rational mind and facilitate meditation.
[...]

Rob Horning / Popmatters

ANAHITA "Arcana en Cantos"


[...]
Les écrivains grecs, qui furent les premiers à donner un témoignage extérieur sur la religion iranienne ancienne, parlent tous du culte d'une déesse qu'ils comparent soit à Athéna, soit à Aphrodite. Il s'agit d'Anahita à laquelle un hymne important (le Cinquième Yasht) est consacré dans l'Avesta. Son domaine semble couvrir les trois fonctions de la prospérité, de la violence, de la souveraineté (selon la classification de Georges Dumézil), puisque le texte développe sa louange en l'appelant Aredvi (l'humide), Sura (la forte), Anahita (l'immaculée). Il est cependant possible qu'Anahita ait d'abord été exclusivement une divinité de la troisième fonction (donc homologue de la Sarasvati du Véda) avant de se transformer en « grande déesse », surtout lorsque l'influence iranienne se fut étendue à tout le Proche-Orient (où les cultes féminins étaient nombreux aux alentours du Ier siècle).
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Universalis


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Anahita, dont le nom signifie «Immaculée», déesse iranienne de l'eau et de la fertilité, était très vénérée durant la période achéménide (558-330 av. J.-C.)
Elle était associée au grand dieu Mithra.
Identifiée à la planète Vénus, elle était censée descendre d'Isthar, divinité babylonienne de la fertilité associée à la même planète.
Au IVe siècle av. J.-C., le roi Artaxerxés II ordonna que l'on dressât des images d'Anahita dans toutes les grandes cités de l'empire.
Le culte de la déesse s'étendit à travers l'Asie Mineure et l'Asie occidentale. Anahita venait en aide à Spenta Armaiti et était associée à Haoma, le dieu qui conférait l'immortalité.
Anahita était souvent représentée vêtue d'habits d'or, d'une couronne et de bijoux.
Ses animaux consacrées étaient la colombe et le paon, et la prostitution sacrée faisait partie de son culte.
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Mythologica


[...]

Tara Burke and Helena Espvall-Santoleri work seamlessly together here, both of their voices mixing and swelling in a loose field populated by cello, accordion, guitar (both forward and gleefully reversed), and other accents of warm noise. This kind of an album is just pure comfort for me. It conjures up a special mood that I simply want to stay in for as long as possible. It feels like the freshness of spring, or the meditative space of plants. At times, the whole thing seems to be breathing, which is a wonderful treat. The lo-fidelity sound of the album effectively makes "Arcana en Cantos" seem even more like a dug up artifact that we are fortunate to be hearing.

This disc is divided up into three tracks of slow-motion psych-dirge that somehow reminds me of a more raw Dead Can Dance. The central piece is the massively long second track, which is moved along by some lovely clean electric guitar playing and not much else. The minimalism and slow organic growth of this track left the biggest impact on me, as I hardly noticed the 35 minutes that apparently passed as it played.


This might not be the most mindblowing thing that either of these artists has done, and I know it won't surprise any Fursaxa fans. Nevertheless, I don't want to stop listening to this disc. Its strangely comforting and introspective atmosphere leaves me feeling refreshed over and over again.

[...]
Charles Franklin

BLACK MOTOR "Vaarat Vastukset"


Musique libre, qui rend hommage aux hommes libres qui ont, un temps, tracé des chemins.
Et plane l'ombre d'Ayler.

Arve HENRIKSEN "Sakuteiki" (à nouveau, encore)

11.11.09

MAGMA "Ëmëhntëhtt-Ré"


Christian MARCLAY, Ikue MORI, Elliot SHARP "Acoustiphobia"


[...]
On the first Acoustiphobia disc, the trio moves from very quiet moments of reverberant sound (electronic, metallic, plastic, or stringy) through periods of explosive polyrhythmic noise. Certain threads run through the pieces in alternating cooperation and defiance. Mori's drum sounds, for example, may emerge in perfect synchrony with the other players, only to rapidly shift tempo into a galloping rush. Meanwhile the other two performers may join in, or instead persist through the burst. Perhaps the most colorful contributions on Acoustiphobia come from Sharp's guitarbass, which he uses to deliver overtones, microtones, and a multitude of processed noises.


Disc two of Acoustiphobia features experiments in sound from students of Boston's School of the Museum of Fine Arts (sMFA). As a strictly student presentation, these twenty pieces reflect a cleverness and naivete which is rare in recorded media. Found sounds, vocal passages, and heavily treated electronic tones trade off throughout these pieces. And with the rich diversity of approaches, the listener must shift gears every few minutes to adjust to a new style of composition.

[...]

AAJ

Ikue Mori "Class Insecta"


En définitive, il n'y a pas tellement d'entrées (sur internet) pour cet alboume qui marque une étape, comme on dit parfois que dans nos vies, il y en a (oups !)
Oui, mais lesquelles ?
Heureuses, formatrices, douloureuses, existentielles, ... ?
Ce qu'il y a avec Ikue Mori, c'est qu'elle invente des étapes qui, une fois visibles, sont comme indispensables. Oui, mais alors, juste avant, alors que nous n'en n'étions même pas des spectateurs, ces étapes, hein ? Comment dire... comment savoir, si nous ne savons pas ?

Défricheuse inépuisable, il ne faut absolument pas se fier à l'image facile de la "fille assise derrière son ordinateur", sage, concentrée, presque immobile et un peu effacée.
C'est certain, il n'y a pas de postures ni d'exubérances ni dans sa tenue, ni dans sa musique.
Il y a un parcours magistral de "recherches" qui sont autant de passages indispensables.
Notamment cet alboume.

Nous passons souvent chez Ikue Mori.

Vijay IYER Trio "Historicity"


1. Historicity
2. Somewhere

3. Galang (Trio Riot Version)

4. Helix

5. Smoke Stack

6. Big Brother

7. Dogon A.D

8. Mystic Brew

9. Trident: 2010

10. Segment For Sentiment #2


Vijay Iyer
- piano
Stephan Crump
- bass
Marcus Gilmore
- drums

[...]
A galvanizing album. No further explanation necessary. Please.
[...]
AAJ

9.11.09

Vic Chesnutt "Skitter on Take-Off"


1 Feast in the Time of Plague
2 Unpacking My Suitcase
3 Dimples
4 Rips in the Fabric
5 Society Sue
6 My New Life
7 Dick Cheney
8 Worst Friend
9 Sewing Machine

Vic Chesnutt (vocals, guitar)
Jonathan Richman (guitar, harmonium)
Tommy Larkin (drums)

8.11.09

Tau Emerald "Travellers Two"


This collaborative venture from Fursaxa's Tara Burke and Sharron Kraus came about when the two musicians missed a flight bound for Finland. Instead of rebooking or changing flights the duo decided to spend the week at Sharron's house recording this album. The end product of their endeavours is a three-quarter-hour collection of improvised acoustic psychedelia and avant-folk song crafting. There are comparatively few pieces that would fit into any conventional song template, but the largely a cappella, almost ecclesiastical sounding 'Hensbane' stands alongside the mediaeval-styled title track and the drifting sea shanty 'Mermaid's Call' as examples of what these two can do within the parameters of 'traditional' folk music. Elsewhere, you'll find a varied approach to instrumental music, with some pieces along the lines of 'Evening Wings' propelled by melodious string plucks and sonorous metallic drone tones, others taking the form of pure percussion, as on the magical 'Stoikite' while 'Laureola' establishes a reedy astract drone. With so much emphasis on variety and multi-instrumental exploration, Travellers Two is an album that never fails to maintain your interest, ranking amongst the best work of either artist. Highly recommended.
Boomkat